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Le 31 décembre 1969
Des peintres étudiants... et professionnels

Avant de délivrer la licence, la Régie du bâtiment exige que l'entreprise forme ses franchisés, soit couverte par la CSST et possède des assurances responsabilité. Bref, qu'elle travaille comme les pros.
Collège Pro et Qualité Étudiants sont les deux seules entreprises de peintres étudiants qui détiennent cette licence. Méfiez-vous des autres, explique Marc Émond, porte-parole à la Régie. «Si une organisation (qui n'a pas de licence) cause des problèmes, il n'y aura peut-être pas de recours possible pour les consommateurs. Ce sont des entreprises fly by night, qui disparaissent vite.»
Collège Pro et Qualité Étudiants n'ont fait l'objet d'aucune plainte à l'OPC. «Ça ne veut pas dire que les clients sont toujours satisfaits», nuance toutefois M. Préaux.
Pour vérifier si une entreprise a sa licence, il suffit d'appeler la Régie ou d'aller sur Internet (www.rbq.gouv.qc.ca). Celle de Collège Pro et Qualité Étudiants est temporaire (du 1er avril au 30 septembre). Avant de la délivrer, la Régie du bâtiment exige que l'entreprise forme ses franchisés, soit couverte par la CSST et possède des assurances responsabilité.
Cet été
Les peintres étudiants sont loin d'être «bookés» pour l'été. «Ça s'annonce molo», admet Julie Cloutier, une franchisée de Collège Pro, même si mai et juin sont déjà bien chargés.
Même son de cloche du côté de Karine Dupont, aussi de Collège Pro, qui a des contrats jusqu'en juin et quelques autres par la suite. Elle recommande malgré tout aux clients de se dépêcher.
Le statut de «non-professionnel» ne va plus très bien à ces jeunes entrepreneurs. Estimation, licence, franchise, assurances: ils savent de quoi ils parlent.
Karine Dupont, 22 ans, a 10 employés à sa charge. Elle se retrouve donc à la tête d'une petite entreprise qu'elle doit gérer et développer. «C'est la meilleure école», souligne-t-elle. À l'automne, elle commencera un MBA.
Parmi les franchisés de Collège Pro, Julie Cloutier est la seule à faire de la peinture intérieure dans la région. Le manque de confiance des gens envers une jeune équipe est le principal obstacle qu'elle rencontre. Pourtant, dit-elle, son équipe a beaucoup d'expérience dans le domaine. Afin de mieux démontrer son potentiel, elle prépare en ce moment un portfolio.
Concurrence?
Cette compétition est-elle dérangeante pour les peintres professionnels? Oui et non, selon le propriétaire de Qualipeintre, Jean-François Pelchat. «Il y a quelques années, lorsque la construction résidentielle était faible, leur concurrence était plus vive, explique-t-il. Aujourd'hui, la construction roule bien, alors c'est moins pire. Mais si ça ralentit, certains vont grincer des dents puisque ce n'est pas toutes les entreprises étudiantes qui détiennent une licence de la régie.»
Les peintres étudiants ne peuvent travailler sur les maisons neuves et les commerces puisqu'un certificat de compétence de la Commission de la construction est obligatoire. Seuls les travaux de rafraîchissement sur les résidences leur sont permis.
Les «jobbeurs»
En fait, la véritable concurrence vient sans doute des travailleurs au noir. Julie dénonce leur omniprésence dans son domaine et les montre du doigt sans ménagement. «C'est écoeurant à quel point les jobbeurs peuvent couper le marché. Quand tu charges 15 $ de l'heure, elle est où la CSST? Elles sont où les assurances? (...) Nos prix se comparent aux entreprises " régulières ".» De son côté, Karine affirme qu'elle demande environ 33 % moins cher que ses concurrents professionnels.
Toutefois, difficile de leur faire dire combien coûtent leurs services, car de nombreux détails viennent influencer le prix d'un boulot. «Je ne peux pas faire d'estimation sans avoir vu la maison», soutient Karine.
Pas un camp de vacances
Karine prévient les étudiants intéressés par l'aventure: ce n'est pas de tout repos. Au début de l'année, alors qu'elle cherchait des clients, elle travaillait 20-25 heures par semaine. Depuis que les jobs ont commencé, elle en fait 80. «L'argent ne vient pas tout seul. Ça peut être payant, mais il faut être prêt à travailler.» Elle prévoit gagner environ 16 000 $ en huit mois.
Julie vit aussi un périple en montagnes russes. «Je suis ben fille, confie-t-elle. Je peux pleurer deux fois par jour et retrouver le sourire tout de suite après.»
Malgré tout, les deux jeunes femmes s'y plaisent. Elles rêvent même d'ouvrir un commerce, un de ces jours...
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